arbustes du jardin de La Rose Verte

lundi 16 avril 2012

Enquète horticole

マグノリア`レッドラッキー'   alias   Red Lucky  ou même Rouge et chanceux ou si on veut faire poétique et plus asiatique

Opportunité rouge


Pas d'inquiétude, histoire de rester compréhensible, je ne vais pas continuer en mandarin!

Pour la langue anglaise, les choses suivent leur cours et pour mon ami Frank, je ferai une version courte, just for my dearest friend! Et un de ces jours, outre d'autres multiples qualités, Frank est très patient!

C'est un article commencé  depuis longtemps que je vous soumets ce matin, le printemps me laisse si peu le choix d'écrire ici!

C'est qu'il pleut, j'ai un peu de temps!






Parfois, je suis obligée de parcourir le net en plusieurs langues et sous plusieurs alphabets pour essayer de découvrir ce que j'ai pu, dans un instant d'égarement végétal, planter au jardin! 

Bon là pas de doute, il s'agit d'un magnolia caduque mais voilà, lequel?

Je n’avais pu résister, vu sa taille et son prix et la difficulté de démarrer un magnolia soulangeana, en climat sec et chaud, il s’agissait au pire de s’offrir un très beau bouquet de printemps que l’été nous ravira peut-être mais il a sa chance, j’y veillerai !

Qui plante un  Magnolia soulangeana , s’engage au pire à dégager, en catastrophe, dix bonnes années après quand même, un volume supérieur ou égal à quatre bons mètres carré voir six s’il se plait contre toute attente…

J’avais pris le pari: l’espèce type, magnifique cependant, est de moins en moins distribuée en jardinerie et surtout pas à ce prix modique. D’abord, les jardins des clients sont souvent trop petits et puis sa pousse lente n’aurait pas permis ce petit prix pour un arbre déjà aussi haut que moi ou presque.

J’ai donc attendu avec une légère inquiétude et beaucoup d’impatience que s’ouvrent les premiers boutons très velus…pari gagné, ceux-ci étaient très foncés donc pas de soulangeana classique…forcément un hybride récent et poussant assez vite !

Mais mon enquête était loin d’être finie : catalogues en ligne de nombreuses pépinières, recherche  au petit bonheur la chance en affichant toutes les photos possibles de magnolias soulangeana…ça ne marchait pas !

Je suis passée sur le web international, un magnolia est un magnolia sur une photo, qu’elle soit commentée en français, en anglais, en roumain, en hollandais, en espagnol ou en chinois !

J’ai commencé alors à avoir quelques pistes, visuelles…je suis ensuite revenue à mon point de départ, hybride réçent !

Oui, il y en avait bien un, chinois qui ressemblait au mien mais les photos étaient bien rares, parfois limites du ridicule, et très variées pour le même cultivar…Un certain 'Hong yun' ou peut-être 'Hong yur'...la prononciation n'est pas toujours reçue cinq sur cinq et une faute de frappe est si vite arrivée, enfin 'Red Lucky' pour mettre tout le monde d'accord!

Quand le magnolia s’appelle ‘Red Lucky’ et qu’il présente de magnifiques boutons  d’un blanc pur sur la photo, ça laisse rêveur.

Puis m’est venue une idée saugrenue et si ce ‘ Red  Lucky’ qui pousse vite , est parfumé, avec des boutons pourpres qui s’ouvrent pratiquement blancs , était bien un hybride mais pas de soulangeana…il y a tant de magnolias?  En fait, ce serait un hybride de liliflora et denudata mais de type soulangeana…non, non, ce n’est pas du chinois !

En recherchant des informations sur le magnolia ‘Red Lucky’, j’ai commencé à avoir de vraies réponses précises, sur le site de pépinières spécialisées …et là pas de photos disponibles…le ‘Red Lucky’ est trop réçent pour que les gens raisonnables proposent des photos, vu qu’une seule déjà, la même, est proposée sur je ne sais combien de sites marchands !

Alors voilà, j’ai peut-être assisté à la première floraison de mon Magnolia ‘Red Lucky’ qui répond à toutes mes attentes au niveau esthétique, on serait difficile d’en vouloir plus, d’autant qu’elle dure plusieurs semaines et que les pétales au sol restent très décoratifs…il se pourrait aussi qu’il m’offre des fruits dès la première année et ses jeunes feuilles résistent très bien au vent froid.

Quant à la sa taille adulte parce qu’en fait , c’est pour ça que je cherchais son petit nom,  sa véritable identité…eh bien là, les avis sont très partagés…de 2m 50 au cube jusqu’à 6 m de haut comme l’espèce type quoi !

Cela m’a servi de leçon, quand on prend le risque d’inviter un inconnu dans son jardin, on le prend comme il est, en croisant les doigts et comptant sur sa bonne étoile…à défaut de l’appeler ‘Red Lucky’…je pense le nommer Scherlock !


mercredi 11 avril 2012

Dans le flot impétueux du printemps



En ce moment, c'est la brasse coulée, je suis emportée dans le flot impétueux du printemps et j'aime ça!

Je ne rentre du jardin que pour  y retourner et je n'ai même plus le temps de prendre des photos, alors vous les montrer et écrire ...c'est un rêve pieux!
Allons, essayons quand même de garder le contact, pas trop de mots...le cognassier du Japon commence à défleurir mais il a eu une de ses plus belles floraison cette année!
Je le trouve très émouvant et vous?  








lundi 2 avril 2012

Coupable avec circonstances atténuantes



Il est vrai que je ce blog est un peu en panne, je plaide coupable, c’est que je suis si bien au jardin même s’il y a un travail fou que j’ai du mal  à me confiner devant l’ordinateur.
Je ne nierai pas aussi que je découvre depuis peu l’usage du jardin comme lieu de détente et de rêveries et que tout m’y retient, ainsi ce soir où pouvais-je bien être ailleurs que dans le patio, à regarder descendre le soir sous la voute de mes deux glycines de Chine en écoutant s’égosiller le rossignol.
Est-ce assez comme circonstances atténuantes de mon silence, me pardonnerez-vous ???
D’autant que dans quelques jours la glycine venusta rose vif sera elle aussi en fleurs…comment puis-je résister à ce  rêve d’enfant devenu somptueuse réalité ?
Je ne peux que célébrer ce bonheur inavouable et ose à peine vous le présenter, j’ai tant de chance !





samedi 24 mars 2012

Ballet


Rosier François Juranville 

Rosier François Juranville 



Ils sont deux que le chantier de maçonnerie malmènent, deux que j’ose à peine photographier depuis deux ans tant leur environnement est horrible ! Le mur sur lequel ils seront enfin palissés, est en voie d’achèvement, du moins, je veux y croire.
François Juranville est un rosier bien plus ancien, créé par Barbier en 1906, que Malvern Hills, un Austin de 2000 mais ils se marient très souvent et s’aiment d’amour tendre, c’est évident.
L’un remonte, l’autre pas ou peu, quelques boutons nacrés et chiffonnés pour poser une touche de blush sur les pommettes crèmeuses de Malvern qui s’ouvre bouton d’or, s’éclaire peu à peu de jaune pâle mêlé de crème  pour finir presque blanc, ombré de rose pour plaire à François bien sûr ! D'ailleurs parfois, je ne sais plus qui est l'un, qui est l'autre.
J’adore ces deux rosiers entre le grimpant et le liane, tiges arquées et un peu rigides pour Malvern Hills, longues et graciles presque inernes pour François Juranville.
Pour les sauver des projections de ciments et de crépi, nous avons réalisé deux petits portiques grillagés en épi par rapport au mur ; pour l’instant, ils étaient ligaturés à la diable sur le figuier sur tige et faisaient grise mine.
Mais débourraient quand même furieusement, alors je me suis décidée, l’entreprise me paraissaient ardue et le sera sans doute un peu plus pour Malvern aujourd’hui, mais qui sait ?
Hier soir, très tard, quand entre chats et chauve-souris , la nuit descend peu à peu, j’ai profité du calme et du silence pour installer François sur son nouveau support.
S’en est suivi un drôle de ballet, une envolée précautionneuse de longues branches souples et pourprées que j’ai dénouées d’abord avec précaution, puis affranchies de leurs semblables toutes emmêlées. Chacune fut posée sur le sol, sur le mur en construction, sur le figuier, jusque sur mon épaule ou mon avant-bras, avec moult précautions.
Tout en tournant autour du futur support, en démêlant la longue chevelure, trois à quatre mètres parfois pour certaines tiges, je parlais à mon rosier, l’assurant que ces risquées manipulations n’étaient que sollicitude et tendresse.
Aucune branche cassée ni même blessée, aucune estafilade non plus, pourtant je travaille toujours sur mes rosiers à mains nues. J’ai pris mon temps et du plaisir aussi à cette tâche qui aurait pu paraître ingrate et le rosier et moi en avons récolté tous les fruits.
Le soleil matinal l’a trouvé taillé légèrement, affranchi de son peu de bois mort, le plus joliment possible palissé très à l’horizontal sur son petit portique, qu’il recouvre déjà de ses jeunes feuilles rouges.
La sève s’en trouvera ralentie et l’aidera à m’offrir sa généreuse et émouvante floraison, je lui fais toute confiance pour m’offrir un tendre printemps !
Mais, j’ai dès hier soir été remerciée au-delà de mes espérances, à peine la dernière tige glissée entre les mailles du grillage, j’ai deviné incrédule, un chant inespéré dans les branches des grands chênes du fond du terrain.
Il était déjà là, à peine revenu, il le faisait savoir à tout le peuple ailé du jardin et de sa colline attitrée.
Je l’espère dès début avril mais cette année, il est en avance, le rossignol nous a donné sérénade jusqu’à nuit complète.
Moment parfait, sensations subtiles et délicieuses, les mélodies jamais identiques, si nettes, si pures dans l’air immobile, la nuit qui avance, le jardin qui respire, la terre qui renvoie la tiédeur de ces premiers jours de printemps…
Un chat pelotonné sur le mur, l’autre frôlant mes chevilles, la silhouette à contre- jour des arbres que nous avons planté, ma vie est là dans le pourpre d’une feuille de rosier et sa promesse de beauté. 






"Rosier Malvern Hills"

"Rosier Malvern Hills"

jeudi 22 mars 2012

Instants de beauté

Fleur de prunus pissardii, elle...distinguée parmi toutes ses semblables, offrande au printemps 
A peine nées, déjà rehaussées de vermillon, maquillage sophistiqué des  feuilles d'érable japonais  
Jeunes pousses de photinia s'ébrouant dans le soleil revenu 



Il est bon parfois de se taire, de faire silence pour mieux partager quelques instants, au jardin, ces derniers jours





Magnolia épanoui sous l'ondée 

Pivoine arbustive, alanguie sous les perles de pluie 

Ouverture d'un nouvel album dans ma galerie, pour vous prendre la main et simplement vous emmener au jardin quand les mots sont à peine de mise pour dire la beauté, la grâce, l'émotion.
Je me dois de partager de telles chances mais il me manque parfois et la force et le savoir faire pour y parvenir.

jeudi 8 mars 2012

Faux printemps

Liquidambar styraciflua

figuier



Pardonnez-moi, les images datent un peu, les bourgeons sont toujours là mais certaines feuilles se déplient déjà !
C’est que tous les ans, je suis déboussolée par ce faux printemps qui déboule chez nous à la fin février et dure parfois jusqu’à mi-avril pour ensuite basculer dans l’été dès la Pentecôte !

Dimanche dernier, nous avons profité  de notre première grillade au jardin, il n’y avait pas de vent et l’ambiance était idyllique sous le mimosa. Ce matin, la tramontane est glacée et déverse ses giboulées aux quatre coins du terrain, ces quelques gouttes d’eau ne sont pas du luxe, nous ne savons plus au juste à quoi ressemble la pluie et l’inquiétude monte…
Si dans le pire des cas, nous n’avons pas de vraies précipitations dans les deux mois qui viennent, il nous sera insupportable d’affronter l’intense été méditerranéen !
Il y a si peu de temps, il gelait si fort ! Tous ces brusques changements ont de quoi nous faire perdre la tête et les végétaux ne vont guère mieux.
Fin janvier, j’ai rapporté de Mimosalia, exposition horticole sur la Côte d’Azur, deux tropicales assez rares qui devaient grimper sur les murs du patio. Bien sûr, j’ai eu le bon sens, de les maintenir hors gel, durant les grands froids, puis de les abriter dans l’endroit le plus chaud et ensoleillé que je puisse trouver ensuite. Hors là, je viens de vérifier que leurs feuilles terminales ont grillé, pas de froid non, d’excès de soleil ! Et nous sommes loin des 50° qu’encaissera cet endroit dès Pâques !
Je vais m’éviter d’autres déconvenues et les offrir à un ami possédant des serres chaudes où elles trouveront peut-être leur bonheur !
Il m’en faut beaucoup plus que ça pour me décourager et je plante toujours et encore…mais des rosiers, des genévriers, une pivoine arbustive (à la mi-ombre !) et oui, j’avoue, je vais cultiver une acanthe en arbre, rescapée de la même exposition, elle ne tient que le moins cinq et si elle a le temps de prospérer cette année, est sûre de n’avoir pas à batailler trop longtemps ! trop fragile la demoiselle ! Je la plante devant l’aralia elata, l’angélique en arbre, aux piquants acérés qui mesure maintenant près de 3 mètres. L’acanthe arborescente est armée aussi mais beaucoup moins, mieux vaut tomber dans les bras de l’une avant que d’embrasser l’autre !
Je vous laisse, trois rosiers rouges ‘The Fairy’ m’attendent ainsi qu’un bel hybride moderne mauve ‘Charles de Gaulle’, pas trop au soleil ceux-là non plus, si je veux que leurs couleurs tiennent sous l’astre catalan !
Il me faudrait parler de l’amandier qui finit sa floraison sans trop de gelées pour l’instant, du cognassier Vranja qui débourre déjà et surtout de cet aigle botté, le plus petit des aigles parait-t-il, qui m’a fait quand même beaucoup d’effet !sacrée envergure…Nous l’avons observé aux jumelles, perché tout en haut d’un chêne au revers de la colline, jambières blanches froufrouteuses, brun par ailleurs et cette tête un peu plate avec une sorte de toupet, très caractéristique.
N’espérez pas de  photo : je suis nulle dans le domaine animalier ! Un lien peut-être…
http://observatoire-rapaces.lpo.fr/index.php?m_id=20043
Trop tôt en saison pour être un migrateur rentré du sud de L’Espagne ou même d’Afrique, non, celui-là devait faire partie des sédentaires trop bien chez nous pour s’en aller voir ailleurs ! Un peu comme moi, qui n’est pas si insatisfaite de ce faux printemps fantasque !    

Aralia elata

Euonymus planipes

vendredi 2 mars 2012

Celui qui revient de loin!

Un parasol naturel de 4 à 5 m, au cube! 

Sa floraison a débuté avant le gel et repart de plus belle avec  la douceur revenue



Le vent et le soleil rehaussent sa beauté, dommage qu'il soit frileux et craigne la neige aussi!





C'est cette impression de légèreté plumeuse associée au capiteux parfum qui  m'envoûte! 



Entre Boudu et moi, c’est une histoire d’amour qui dure depuis plus de dix ans !
Il ne fut pas sauvé des eaux mais du sécateur vengeur du premier jardinier, et plusieurs fois, j’ai du même m’interposer physiquement, lui faire un rempart de mon corps !
Il faut admettre que laisser pousser un mimosa issu de semis n’est pas sans risque…
Le premier étant de se retrouver avec toute une armée de mimosas à son image au bout de quelques années, les mimosas spontanés rejettent abondamment.
Heureusement il a eu la bonne idée de rester unique ! C’est probablement un hybride naturel entre le mimosa cultivé de notre voisin et notre vieux mimosa de garrigue, presque trentenaire.
D’ailleurs les floraisons de nos deux mimosas sont décalées d’une semaine ou deux, c’est le plus jeune qui ouvre la saison avec des fleurs un peu plus grosses et un port plus souple que son aîné.
Sous Boudu rien ne pousse, ses racines de surface en nappe ont même eu raison d’un pauvre érable japonais, étourdiment planté en terre, dans son ombre…
Qu’à cela ne tienne, pas question de ne pas profiter de ce parasol naturel, il y a maintenant plusieurs érables japonais qui le cernent, bien tranquilles dans leurs pots, mais enfin quand même !
Bon, je n’ai pas pu semer trop près ma petite pelouse de poche et dès que je gratouille un peu le large chemin qui le contourne, il se dégage une odeur désagréable, très caractéristique qui signe la présence de ses racines.
Mais ni lui, ni le vieux mimosa planté sur un talus qui le surplombe n’ont pour l’instant créé de souci à la terrasse ou aux murets tout proches, pourvu que ça dure !
Il a eu la bonne idée de pousser juste dans l’alignement d’un angle de la maison et l’été, son ombre rend tolérable la chaleur dans le séjour…de plus, nous avons l’impression que le jardin s’invite dans la maison par les deux baies vitrées et c’est très agréable.
J’ai eu bien peur pour lui cette année, le vieux mimosa a gelé jusqu’à la souche en février 1985, il y avait eu -13°, plusieurs jours d’affilée…cette fois-ci, -10° seulement et une ou deux nuits de tramontane mais quand même l’Acacia dealbata, c’est son petit nom en latin, n’est justement rustique qu’aux alentours de cette température.
Leurs floraisons ont été suspendues quelques jours, quelques grappes florales ont grillé, les plus ouvertes et puis dès le redoux, tout a continué de plus belle !
Il s’en est fallu quand même d’un cheveu…il ne serait probablement pas mort et serait reparti de la souche comme l’autre mimosa mais le risque était grand !
Cultiver le mimosa en Roussillon, c’est l’exposer à une possible mort de toute sa partie aérienne, tous les trente ans environ, c’est un pari que j’aurais aimé ne pas prendre, j’aurai peur pour les mimosas du jardin, chaque année !
Ils repoussent très vite et en moins de cinq ans, ils reprennent leur taille adulte, de 4 à 6 m de haut avec un port globulaire en général.
Boudu a presque atteint sa pleine maturité, on l’aperçoit au-dessus du toit de la maison, j’espère vraiment qu’aucun printemps ne le verra disparaître de nouveau, obligé de repartir de terre !
En attendant, je crois bien que pour cette année, c’est gagné et je me régale de voir les fauvettes à tête noire sautiller dans ses branches en picorant les fleurs.
C’est à la tombée du jour que son parfum est le plus puissant, toute la maison en était embaumée tout à l’heure !



Le voyez-vous, qui pointe le nez au dessus du toit!